Douleur genou interne
- Orientation diagnostique : interroger sur l’apparition, le mécanisme, les signes associés permet de cibler ménisque, LCM, tendinopathie ou arthrose.
- Signes d’alerte : douleur intense, impossibilité d’appui, blocage, instabilité, œdème ou fièvre imposent une consultation urgente et des examens adaptés.
- Prise en charge : repos relatif, glaçage, antalgiques, rééducation ciblée (renforcement, proprioception) et progression graduelle pour prévenir la récidive avec suivi médical régulier.
Le genou côté interne peut devenir douloureux pour de nombreuses raisons différentes, et savoir orienter le diagnostic rapidement permet d’adapter le traitement et d’éviter la chronicisation. Cet article développe les éléments cliniques essentiels, les causes les plus fréquentes selon le contexte, les signes d’alerte nécessitant une prise en charge urgente, ainsi que les mesures immédiates et la rééducation à envisager pour soulager et prévenir la récidive.
Comment orienter le diagnostic en quelques questions simples
La nature de la douleur, son apparition (brutale ou progressive), le mécanisme (traumatisme, torsion, surutilisation) et les signes associés (blocage, instabilité, gonflement) sont déterminants. Interrogez-vous : la douleur est-elle apparue après un choc ou une torsion ? Y a-t-il eu un craquement ? Le genou bloque-t-il lorsque vous le pliez ou l’étendez ? La douleur s’aggrave-t-elle à la marche ou à la montée d’escalier ? Ces informations aident à distinguer les principales causes.
Causes les plus fréquentes
| Cause | Signes caractéristiques | Contexte typique |
|---|---|---|
| Méniscopathie médiale (déchirure) | Douleur à la rotation, craquement, blocage intermittent | Traumatisme rotatoire, sport de pivot |
| Entorse du ligament collatéral médial (LCM) | Sensibilité au bord interne, douleur à la pression, possible laxité | Choc en valgus, torsion ou hyperextension |
| Tendinopathie de la patte d’oie | Douleur diffuse sur la face interne, intense à l’effort | Course, changement d’entraînement, surutilisation |
| Arthrose fémoro-tibiale médiale | Douleur progressive, raideur matinale, réduction des activités | Âge avancé, antécédent de surcharge ou trauma ancien |
| Bursite, atteinte ménisco-synoviale, causes inflammatoires | Gonflement localisé, douleur au repos ou nocturne | Activité répétitive, pathologie inflammatoire |
Signes d’alerte justifiant une consultation urgente
- Impossibilité d’appui ou douleur très intense après un traumatisme.
- Blocage réel du genou empêchant extension ou flexion complète.
- Instabilité marquée, sensation que le genou « lâche ».
- Œdème important ou rougeur, fièvre associée — risque infectieux ou hémarthrose.
- Engourdissement ou perte de sensibilité du membre.
En présence d’un de ces signes, consultez un professionnel de santé rapidement. Une radiographie, une échographie ou une IRM pourront être prescrites selon la suspicion diagnostique.
Mesures immédiates à domicile (phase aiguë)
En l’absence de signes d’alerte, on applique les principes de protection et d’anti-inflammation : repos relatif, glaçage intermittent (10–15 minutes toutes les 2–3 heures pendant 48 heures), surélévation du membre, et compression modérée si besoin.
Les antalgiques simples (paracétamol) sont souvent suffisants. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peuvent être utilisés à court terme si aucune contre-indication n’existe et après avis médical si nécessaire. Évitez l’immobilisation complète prolongée sans avis médico-technique : le mouvement contrôlé favorise la récupération.
Évolution et rééducation
La rééducation est la clef pour restaurer la fonction et prévenir les récidives. Le programme est individualisé mais comporte des principes communs :
- Renforcement du quadriceps, en particulier travail excentrique pour réduire la douleur et améliorer la stabilité.
- Renforcement des muscles de la hanche et des fessiers pour corriger la chaîne cinétique et diminuer les contraintes médiales.
- Proprioception et rééducation de l’équilibre sur surfaces instables.
- Étirements et travail de mobilité articulaire si raideur présente.
- Progression graduelle des charges et du geste sportif, reprise guidée par l’absence de douleur et de blocage.
Une genouillère de maintien ou une orthèse spécifique peut être proposée temporairement pour certaines entorses du LCM ou en cas d’arthrose symptomatique lors de la reprise d’activité.
Quand prévoir des examens complémentaires ou une intervention
Si les symptômes persistent malgré 6 à 12 semaines de prise en charge conservatrice, ou en présence d’un blocage chronique ou d’une instabilité, l’IRM est l’examen de choix pour évaluer les ménisques, les ligaments et les structures cartilagineuses. La radiographie est utile pour apprécier une atteinte arthrosique.
La chirurgie peut être envisagée dans certains cas : méniscectomie ou réparation méniscale lorsque la lésion est symptomatique et correspondante sur imagerie ; ligamentoplastie si instabilité fonctionnelle majeure ; ostéotomie ou arthroplastie en cas d’arthrose avancée résistante aux traitements conservateurs.
Prévention des récidives
Pour prévenir la réapparition de la douleur interne, le travail de renforcement et d’équilibre doit être poursuivi après la disparition des symptômes. Équilibrer les charges d’entraînement, corriger les défauts biomécaniques (chaussures, semelles), et respecter une progression d’intensité sont essentiels. En cas de douleurs récurrentes, faites réévaluer votre mouvement sportif ou vos habitudes de course par un professionnel.
En résumé, la douleur interne du genou couvre des diagnostics variés. Le traitement débute par des mesures simples de protection et anti-inflammation, puis par une rééducation adaptée. Consultez rapidement si blocage, instabilité, œdème important ou douleur intense apparaissent. Un suivi personnalisé permet le plus souvent un retour à l’activité sans séquelle.